Bubulle

Le blog de Bubulle, le poisson noir misanthrope et Léviathon.

4/8/2004

Marées noires (II)

Le spectacle des marées noires m'a toujours fasciné. Des mouettes immangeables sont secourues et nettoyées plume par plume par des écolos d'une candeur touchante qui feraient presque pitié si l'humanité dans son ensemble ne méritait pas une exécration sans borne. Des plages sont souillées, des volontaires lamentables vont les nettoyer pour que les ouvriers puissent continuer d'aller s'emmerder au Tréport en étant pollués par leurs congénères plutôt que par l'huile de roche.
Mais les marées noires ne menacent pas l'humanité dans son ensemble, contrairement à sa volonté démentielle d'épuiser au plus vite le capital naturel de la Terre sans se soucier du lendemain. Epuiser son capital, c'est un peu comme un exploitant agricole qui pour avoir le plus chaud possible chez lui l'hiver, va couper avec ardeur tous ses arbres fruitiers. Ou une flotte de pêche d'un pays qui va pêcher de plus en plus de poissons jusqu'à épuiser la biomasse de ses mers, ce qui par ailleurs se fait très bien dans l'Atlantique et au Japon. Ce capital, que l'humanité mange avec une impayable opiniâtreté dans un délire commun (concernant toutefois seulement son cinquième le plus obèse), comprend notamment le pétrole, et comme il n'y a guère de risque que mes marées noires n'inversent cette tendance suicidaire de l'humanité de le consommer de manière croissante, ne doutons pas de l'annéantissement de ces bipèdes abjects. Les poissons ont donc de beaux jours devant eux malgré un présent difficile. Courage, camarades! Tenez bon!