Bubulle

Le blog de Bubulle, le poisson noir misanthrope et Léviathon.

6/5/2004

Engloutissons Londres

Tapis au fond de la Tamise, je remonte le fleuve, je surgis en faisant déferlant les flots, et dans les cinq secondes qui suivent, toute la ville se trouve engloutie jusqu'à la ceinture verte. Pourquoi? Parce que les londoniens font parti des clowns, mais ils ne sont vraiment pas drôles. Le temps gris et parfois pluvieux sur la ville n'y est pour rien. Le problème, c'est que les londoniens sont engagés dans une guerre sans merci et impitoyable. Bien pire que la seconde guerre mondiale. Faisons un peu d'histoire : on apprend que sous Churchill la semaine de travail avait été fixée à 60h pour gagner la bataille d'Angleterre. Or que voit-on aujourd'hui ? Les londoniens doivent travailler de l'ordre de 80h par semaine pour pouvoir subsister. Sinon, ils sont écrasés sous les coups de l'ennemi… Ces longues semaines de travail prouves que la guerre est encore plus totale aujourd'hui que hier contre l'hydre nazi.
Mais, contre qui sont-ils en guerre, me demanderez-vous ? C'est simple : ils sont en guerre contre eux-mêmes. On appelle ça la guerre économique. Celui qui ralenti, qui manque de vigilance à un instant, il est immanquablement et irréversiblement dépassé ou écrasé par l'entreprise concurrente ou par le collègue (selon que ce soit une entreprise ou un individu dont on parle).
Mais ce n'est pas la vraie raison pour laquelle il faut engloutir Londres. Ce serait de l'humanisme que d'abréger les souffrances de ces pitoyables bipèdes déments courant dans vainement dans tous les sens. Le plus grave étant qu'en guerroyant entre eux, les humains sont d'un seul ensemble en guerre contre la planète. Plus ces hideux animaux travaillent, plus ils produisent, moins ils laissent de ressources aux suivants, et plus ils laissent de déchets et de pollution des eaux, de l'air.
Ce n'est pas que je sois écolo, mais avec Bubulle il ne nous enthousiasme guère de régner sur une friche industrielle géante, où coulent les déchets chimiques et des flots de malheureux poissons morts dans d'atroces souffrances, et où les humains meurent massivement de cancers, après une agonie pendant laquelle ils ne peuvent obéïr à nos ordres.
C'est parce qu'il faut s'en prendre à un foyer du productivisme que j'envisage d'engloutir Londres. Cette ville tentaculaire charrie du monde entier et dillapide en pure perte des millions de tonnes de ressources chaque jour.
Je trouve d'ailleurs que les plate-formes pétrolières sont un peu trop nombreuses sur la Mer du Nord. Il faudra que je songe à en faucher quelque-unes.